Nassau, encore Nassau

2 février 2015

Nous quittons Georgetown avec un petit pincement et en même temps avec enthousiasme. Georgetown est un endroit très prisé par les navigateurs pour la proximité de tous les services disponibles. Un peu comme à la maison lorsqu’on a besoin d’une pinte de lait ou d’un outil quelconque, tout est presqu’a porté de main moyennant un peu plus de temps de transport et un peu plus de recherche pour le trouver. Tout y est : “les services, l’internet pour gérer nos courriels et obligations à distance, les endroits pour faire du social, les plages et les sentiers pédestre, les gens qui organise des activités communautaires tel que yoga, volleyball, tressage de panier, atelier de fabrication de corne-conch, etc “.

 

Par contre, notre enthousiasme à quitter Georgetown, c’est de pouvoir revoir un couple d’amis avec qui ont s’entent bien qui ont loués un catamaran avec au autre couple pour deux semaines à partir de la ville de Nassau. Ont s’ennuis beaucoup de nos amis du Québec, mais pas du froid que vous avez en ce moment -30°. Donc, ont va se retenir encore un peu avant de vouloir remonter pour allez les voir. C’est donc pour dire que nous quittons Georgetown pour un retour vers Nassau pour une troisième fois. Nous en profitons pour remonter lentement sur une période d’environ une semaine. Beaucoup de voile est prévus à l’horaire et très peu de moteur, contrairement aux navigations précédentes. Nous ne sommes pas pressés. Au matin, juste avant de partir, nous terminons de faire le plein de provisions, d’eau douce, d’eau potable et de diesel. Nous partons par la mer à voile après avoir sortie du “cut” de Georgetown (route navigable pour passer de la mer au banc de sable peu profond ou vice et versa) assez facilement dans des vagues raisonnablement petites. Une journée de voile d’environ sept heures est requise pour arriver à Galliot Cut. Demain, nous y resterons une journée entière pour profiter de la place, de l’apnée avec les enfants, un peu de pêche à la sling et se reposer bien sûr.  C’est épuisant tout cela à faire dans une seule journée!

 

La pêche

Le lendemain soir, après une pêche aux langoustes infructueuses, je me déplace un peu du lieu de chasse pour essayer quelques petits récifs de coraux, possiblement moins sollicités. Les récifs sont petits, mais y abritent un peu plus de vie marine. Je harponne un Lion fish et mon premier Trigger fish. C’est un Queen Trigger Fish en fait. C’est un poisson tout jaune verdâtre avec des lignes bleues. Il semble avoir la capacité de changer sa couleur jaune verdâtre pour devenir très foncé, presque charcoal et bleu et vice-versa. J’en ai manqué un auparavant, car je n’étais pas assez proche pour le transpercer avec la pointe de mon harpon. Le suivant que j’essais, je le harponnerai presque à bout portant pour être sûr que ça fonctionne. La peau de ce poisson est tellement dur que lorsque je fini par en attraper un, mon harpon ne passe pas complètement à travers son corps, donc je dois me dépêcher et mettre ma main de l’autre côté du poisson pour être certain qu’il ne se sauvera pas. J’arrive au dingy, tout fier de ma belle prise et surprise, je ne suis pas capable de retirer le harpon. Il est pris dans la peau. J’ai beau essayer de tirer pour ressortir ou pousser pour faire passer complètement à travers, la pointe du harpon ne bouge pas d’un millimètre. J’ai du forcer comme un déchainer pour réussir à retirer la pointe du harpon du poisson. Quand je suis revenu au bateau après une pêche très satisfaisante (un poisson lion, un trigger fish et une petite raie), j’ai préparé les poissons.

 

Le poisson Lion20150101_170921_resize

Le poisson lion est une espèce envahissante arrivée d’ailleurs qui est dommageable pour l’équilibre marin. Il est donc fortement recommandé de les chassés, car c’est un prédateur pour les autres poissons. Ils mangent tous les œufs et bébés des autres espèces, sans avoir de réel prédateur jusqu’à depuis peu, mais maintenant, il y a MOI! Le poisson Lion est une prise facile, car il bouge peu, puisqu’il n’a pas de prédateur par ici. J’ai toujours un petit pincement avant d’en chasser un, car ils sont si beaux avec leurs très grandes et majestueuses nageoires. Cependant, ils doivent être préparés avec soin, car il faut les manipuler avec grande précaution. Sur ses nageoires et ailleurs sur le corps, on y retrouve des dards avec du venin aux extrémités. Ils ne sont pas mortels, mais peuvent être très douloureux et peuvent occasionner des problèmes temporaire de santé. C’est donc pour dire quelle précaution il faut prendre pour les manipuler. On peut les manipuler avec un gant très épais (type gant de construction) ou tout simplement couper les multiples dards avec un ciseau avant de faire les filets. La viande est très bonne et ça aide à contrôler cette espèce qui risque à moyen terme d’éliminer plusieurs variété de poissons de coraux aux multiples couleurs que tous aime admirer en apnée ou en plongée.

 

Queen Trigger Fish

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Le Trigger Fish, bien connu pour sa qualité de viande et sa peau très très résistante. Même mon couteau Rapala, fraîchement affuté, avait de la difficulté à faire des entailles. J’ai du essayer les ciseaux et même ceux-ci ne fonctionnait pas super bien. Par contre, il y a beaucoup de viande à récupérer. Deux filets, plus dans le haut et le bas de la tête s’y cache de raisonnable morceaux de poisson qui mérite de les récupérer. Le goût est excellent. Il est un peu particulier, car quand il nage, il utilise principalement sa nageoire dorsale et ventrale arrière pour se propulser. C’est différent de la plupart des autres poissons et sont facile à repérer.

 

Puis, il y a la raie. Pas évident d’arranger ça. J’ai du chercher sur Youtube pour avoir une idée comment faire. On coupe les ailles, puis on pèle la peau comme on peut… Dans la vidéo que j’ai consulté sur internet, il montrait de l’arracher avec une paire de pince! Concernant le gout, ça goûte très fort, trop fort pour nous. Personne n’a vraiment aimé cela. Je suis donc redevenu un ami pour eux.

 

Pour continuer mon histoire de pêche, nous sommes revenus a notre bateau qui était à l’ancre dans un mouillage bien tranquille. J’étais en train d’arranger mes poissons et je jetais les résidus de poissons par-dessus bord au fur et à mesure que je les arrangeais. Le tout terminé, je rince mes outils (planche, aiguisoir et couteau) en arrière du bateau quand tout à coup j’aperçois deux beaux thons passer juste sous le bateau, vers l’arrière de celui-ci. C’est à ce moment que je cri à Dominique de se ramener avec la grosse ligne à pêche. Je lui mentionne ce que j’ai vu deux thons. Je coupe donc une petite partie de la raie pour appâter la ligne qui est équipée d’une petite crevette en caoutchouc. Dominique ne peut pas lancer la ligne très loin à cause du type de ligne que nous avons, donc elle déroule environ quinze pieds de fils sous le bateau. On attend et quelques minutes plus tard, bang! Ça mord, et ça tire, et ça brise… Notre leader “cheap” ouvre et laisse filler notre belle prise. Fort probablement un des deux thons. Toute suite on réappâte simplement un hameçon, une vrai, une grosse, avec un bon leader et on remet la ligne sous le bateau. On attend un peu et on a des touches. Dominique remonte cette fois-ci un beau Nassau grouper. On le remet à l’eau, car il est interdit de le pêcher jusqu’à la fin février. Dominique tante à nouveau d’attraper ses ci-délicieux et convoités poissons qui est le thon. Plus rien mord, plus de touche. Elle laisse la ligne à l’eau sous le bateau encore une quinzaine de minutes sans aucune touche. On est déçu d’avoir manqué notre coup à cause d’un leader qui a ouvert. Tout à coup Dominique s’écrit, j’en ai un, sa tire, sa bouge beaucoup, sa veut s’en aller. Je demande à Dominique de ne pas sortir la tête du poisson de l’eau, afin d’éviter qu’il donne un coup de queue pour pouvoir se décrocher. On fini par approcher la bête tout près du bateau, c’est effectivement un des thons que j’avais vu. On en a attrapé un. Nous le sortons tout fier et sortons le rhum… pour fêter ça. Nous lui en versons une gorgé dans la bouche. Bon OK, nous lui en versons une très grosse gorgé dans la bouche pour l’assommer, afin qu’il reste tranquille (truc de pêche) avant et pendant que je l’arrange. Je ne veux pas de jus de poisson partout dans le cockpit du bateau parce qu’il se débat à cause qu’il revendique sa mauvaise humeur avec nous! Ben quoi, ce n’est pas nous qui là forcé à mordre à l’hameçon. Il a fait ça tout seul, oui, oui! Il finira dans notre assiette pour deux beaux repas. Même si l’histoire semble faire refléter qu’il était très gros, voir même énorme en brisant un leader, bon, c’étais une belle prise pour nous de 4.3 livres sur la balance. Juste parfais pour l’espace disponible dans le réfrigérateur.

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Un peu de navigation

Le lendemain, on lève l’ancre pour se rendre à Allen’s Cay si possible sinon, Norman’s Cay dépendant des vents. On en profite en milieu de journée pour sortir le spinnaker, car à la vitesse qu’on avance on va arriver à la noirceur. Ce n’est pas que c’est problématique, mais on aimerait mieux arriver avant le coucher de soleil, même si on connait la place et que c’est facile à ancrer. Le vent est au grand large (entre l’arrière et le côté) et juste correcte. On fait une superbe belle journée de voile et en fin de journée, on arrive juste à temps pour arriver au mouillage avant le couché de soleil. On a terminé avec une superbe arrivée dans 18-20 nœuds de vent apparent et ça nous donnaient une vitesse intéressante de 7.5 à 9 nœuds à voile. Nous avons fermé le spi au moment où le vent à tombé un peu, car il y avait de gros nuages à l’horizon et ne voulions pas nous faire prendre dans une petite dépression avec trop de vent pour les voiles.

 

Demain, nous devrons repartir tôt pour rentrer à Nassau à voile, car il annonce un vent très modéré (5 à 10 nœuds de vent le matin pour finir avec 10 nœuds en fin de journée). Presque la même chose que la veille, nous partons cette fois-ci à moteur, car pas assez de vent, puis sortons les voiles normales. Nous surveillons les gros nuages gris à l’horizon en milieu d’après-midi pour les mêmes raisons décrite précédemment. Un très gros nuage de pluie semble s’installer au-dessus de Nassau, comme on arrive près de là. Soudainement, le vent tombe un peu. Par expérience, ça n’augure rien de bon. Dominique se réveille au même moment et m’aide à fermer les voiles. On va peut-être éviter le gros nuage gris au-dessus de Nassau, mais je n’en suis pas certain, dû moins je l’espère. Soudainement, pendant que je descends la grande voile, le vent se refroidi de quelques degrés et moins de dix secondes. Humm, ça regarde très mal! Le gros nuage gris est un peu plus foncé et à certain endroit noir, il semble maintenant énorme et le vent à remonter très rapidement de 6-8 nœuds à 10 nœuds. Au loin, je vois une ligne blanche au-dessus de l’eau et je perds de vue un autre catamaran qui était un peu plus en avant de nous, à 3-4 miles de nous. Ce n’est pas bon ça, j’ai déjà vue ça et le très mauvais temps arrivera d’ici maximum deux minutes. Je m’empresse à finir de descendre la grande voile et je n’ai même pas fini que le vent à passé de 10 nœuds à près de 20 nœuds. Il commence à pleuvoir, puis à pleuvoir très fort. Je fini d’attacher les cordes des voiles et je me dépêche à retourner dans le cockpit avant d’être trempé et pour reprendre le volant à la place de Dominique. Nous nous étions pas trompés avec la légère chute de vent, ça annonçait un courant froid (une dépression) assez violent. La visibilité est maintenant devenue presque nul, il y a de bonnes vagues de 5-6 pieds de haut et le vent arrive tout droit de Nassau, impossible de rentrer au port de Nassau. De toute façon se serait bien plus dangereux d’essayer de faire des manœuvres d’approches à quai que d’être ici à attendre que ça passe. Le vent monte encore. Il est maintenant rendu à 30-35 nœuds. Je voie des pointes à 38-39 nœuds. Le bateau est difficile à manœuvrer, car le vent cherche à le faire virer de travers. Je dois donc réduire ma vitesse pour faire presque du sur place, car je ne veux pas arriver à Nassau tout de suite, je veux attendre que la dépression passe et que ce soit plus calme. Je ne veux pas non plus rencontrer l’autre catamaran qui est en avant de moi, quelques parts dans cette pluie torrentielle et ses vents qui soufflent très fort et qui font lever les vagues. Nous faisons donc presque du surplace, juste assez pour garder le bateau face au vent en attendant que ça passe. Le mauvais temps à durée près d’une heure avant de ce calmé un peu. Nous avons donc rentrés à Nassau ensuite, avons pris une marina, la même que ceux où François et Marie-Josée vont prendre possession du catamaran OMER. Donc, on s’est mis à quai, car demain et après demain, il annonce encore de bon vent et nous ne voulons pas être à l’ancre, sinon ce sera difficile pour faire nos commissions et voir nos amis.

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